jeudi 26 janvier 2017

TDAH... ou DAH? (Le monde est imparfait)

Je viens d'écouter un biologiste, Luc-Alain Giraldeau, qui fait des parallèles avec le monde animal en expliquant qu'être hyperactif n'est p-ê pas tant un "trouble" qu'une manière différente d'être un humain.

Jetez un oeil et une oreille là-dessus:
http://ici.radio-canada.ca/premiere/emissions/les-eclaireurs/segments/chronique/14609/tdah-trouble-ou-trait-de-personnalite-biologie

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Ça m'amène une réflexion plus large.

Je me disais que l'être humain est probablement moins "troublé" qu'on pense dans l'absolu; la rigidité de l'environnement (de travail et d'apprentissage), nos horaires surchargés, nos normes, nos barèmes, notre perception de la réussite et notre société de performance génèrent beaucoup de "dysfonctions".


Plus on rétréci la vision du citoyen modèle, employé modèle, élève modèle, plus on exige "LA" perfection (le choix du verbe et les majuscules sont importants ici) et plus on place de gens sur le banc des "dysfonctionnels"...


En réalité, le monde est "imparfait" (Daniel Bélanger avait mis le doigt dessus!).


On s'attaque au culte du corps parfait en disant que c'est un idéal impossible à atteindre et qu'il n'existe pas UN corps parfait... mais on continue de vouloir la perfection (moi le 1er) dans plein d'autres aspects de nos vies. La perfection n'est pas plus accessible (ni même nécessairement souhaitable) dans les sphères moins "superficielles".


Et là, je me/vous pose la question, comment continuer de s'améliorer dans la vie sans virer fou avec la notion de perfection?

jeudi 9 avril 2015

réflexions à "voix haute" à propos de la casse à l'UQAM...

- Ça ne me semble pas une bonne idée d'aller saccager un pavillon universitaire (masqué, de nuit). Ça dénonce quoi? Ça rallie qui?

- Ça prend peu de gens pour faire mal paraître un mouvement. Ils étaient 100 hier soir; nous étions 50 000 à manifester jeudi dernier. J'ai la triste conviction que l'opinion publique ne fera pas nécessairement la nuance entre ces 100 ci et ces 50 000 là.

- Compte tenu de mon point précédant, je crois que c'est important de se dissocier du grabuge. Montrer que les gens qui descendent dans la rue sont respectueux, allumés, impliqués, comprennent qu'ils font partie d'un tout et se soucient (peut-être même plus que d'autres) de ce tout. Nous étions 50 000 à manifester jeudi dernier; nous sommes 7 000 000 au Québec.

- Quand je lis les blâmes contre le recteur Proulx, je me dis: "Que doit-il faire au juste?". À partir du moment où des gens cagoulés cassent la baraque, n'est-ce pas sa job de réagir? Et même avant, à propos des injonctions (et je ne suis pas fan d'injonctions)... compte tenu de sa fonction, n'est-ce pas compréhensible qu'il envisage cette solution?

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À propos de solidarité... j'aimerais ajouter à quel point je trouve que les manifs sont de bons moments pour être à la fois témoins et acteurs de solidarité. Il y a des gens qui descendent dans la rue pour défendre les droits et le mieux être des autres!

La journée où nous serons 800 000 dans la rue à nous soucier des conditions des uns et des autres, nous pourrons certainement mieux ressentir cette fameuse fierté d'appartenir à un peuple différent, généreux et ouvert.

lundi 19 janvier 2015

pour 80 cheveux blancs... [répartition de la richesse mondiale en poils et en fluide corporel]


Le rapport thématique d'Oxfam de janvier 2015 s'intitule "INSATIABLE RICHESSE : TOUJOURS PLUS POUR CEUX QUI ONT DÉJÀ TOUT".

L'organisme nous apprend - ou plutôt, nous confirme - que 80 personnes sur Terre posséderont bientôt plus de richesse que 3 500 000 000.

... un écart si ridiculement gros qu'on peine à se l'imaginer.

Petite comparaison capillaire
(juste de même, histoire de se faire une tête...)


D'abord, 80 sur 3,5 milliards, ça représente quoi?

Supposons que j'aie seulement 80 cheveux blancs pour tous les poils sur ma tête...
On parle d'un maigre 80 sur 120 000.

Supposons que je visite le Collège Ahuntsic (le plus gros cégep francophone au Québec), que tous les étudiants soient bruns et que mes 80 cheveux blancs soient les seuls de l'école...
On arrive à peine au tiers : 80 sur 1 080 000 000.

Supposons maintenant que j'assiste à un match des Canadiens et que le Centre Bell soit plein à craquer de gens avec les cheveux bruns uniquement; contre mes 80 cheveux blancs... on n'est même pas encore au compte!!!
80 sur 2 552 760 000.

Il faudrait probablement 80 cheveux blancs parmi toute la population d'une ville comme Granby pour une comparaison potable. Peu importe. Continuons la démonstration avec le Centre Bell.


Bien assis dans les rouges
(vous savez, la section près de baie vitrée?!)


Imaginez maintenant que le sang des 21 273 spectateurs du Centre Bell représente toute la richesse de la Terre.

Siphonnez la moitié de la foule du Centre Bell de son sang pour entretenir les 80 cheveux blancs sur ma tête.

Videz encore 9573 personnes de leur sang pour mes autres cheveux et ceux des fans assis dans les rouges.

Le sang des 1064 personnes restantes devra suffire pour les milliards de cheveux des 17 000 spectateurs dans toutes les autres sections... (80% de la population mondiale se partage 5,5% de la richesse)

La part de la Zone Molson Ex se mesurera avec une pipette!


Les recommandations d'Oxfam
Devant ces écarts inhumains, on aurait tendance à présumer que les recommandations d'Oxfam seront drastiques. Jugez-en par vous-même, il n'est nullement question d'immoler les riches ou d'abolir les privilèges individuels:

1) Faire travailler les États pour les citoyens et lutter contre les inégalités extrêmes.
2) Promouvoir l'égalité économique et les droits des femmes.
3) Verser aux travailleurs un salaire décent et combler le fossé avec les primes vertigineuses des dirigeants.
4) Partager équitablement le fardeau fiscal pour uniformiser les règles du jeu.
5) Supprimer les échappatoires fiscales internationales et combler les lacunes en matière de gouvernance fiscale.
6) Rendre les services publics gratuits et universels d'ici 2020.
7) Modifier le système international de R&D et la tarification des médicaments, de manière à ce que l'ensemble de la population ait accès à des médicaments adaptés et abordables.
8) Mettre en place un socle de protection sociale universelle.
9) Cibler le financement du développement afin de réduire les inégalités et la pauvreté et de renforcer les relations entre les citoyens et leur gouvernement.

vendredi 9 janvier 2015

l'humour et la mort

J'ai essayé d'écrire à propos de la tuerie à Charlie Hebdo, mais c'est difficile de trouver les mots.

Ça m'a fait un peu de bien de tomber sur ce texte des Indignés sur Facebook...



Je fais partie de ces gens qui songent presque chaque jour à la condition humaine... Devant cette tragédie, je ne peux pas m'empêcher de penser que pour ces 12 morts qui nous touchent, il y a des douzaines et des douzaines d'autres personnes qui souffrent chaque jour sans attirer l'attention.

Ces douzaines de douzaines là n'ont simplement pas le luxe d'être des icônes. Et ça ne sera jamais "à la mode" de s'émouvoir de leur condition.

Il y a quelque chose de frappant lorsqu'un symbole est attaqué. Il y a quelque chose de frappant dans le contraste entre notre empressement à réagir pour un symbole et notre incapacité à agir pour les gens.

De ce que j'en comprends, c'est plus facile de s'approprier le deuil de 4 visages connus (on a peu vu les 8 autres victimes) que cent mille. D'accord. Et si on en profitait pour réfléchir et réellement en retenir quelque chose...

Dans un mois, le tumulte sera passé, cédant la place à l'attentat du jour. Dans un an, nous auront une date commémorative de plus. Même les icônes s'estompent devant la nouveauté.

Pour moi, au delà de l'empathie pour les familles, le massacre chez Charlie Hebdo amène plein de questions sur l'importance de la liberté d'expression et de l'usage qu'on en fait.

Est-il possible de rire de tout? Oui.
Est-il nécessaire de rire de tout? Non.
Devrait-on avoir le droit de rire de tout? Oui.
Devrait-on faire le choix de tout? À chacun de tracer la ligne.
Peut-on mériter la mort pour avoir fait de l'humour? Jamais.

La tuerie m'amène aussi à revoir mes réactions (loin d'être toujours exemplaires) face à la différence d'opinion; à réaliser que je défends encore parfois des principes au mépris de l'interlocuteur; à constater que j'oublie parfois la chance que j'ai de pouvoir écrire ce que je veux sur un blog comme celui-ci; et à mesurer le poids de cette fameuse liberté au nom de laquelle certains perdent la vie.

Si quelques médias choisissaient aujourd'hui de consacrer autant d'énergie à chaque injustice, si les spectateurs que nous sommes prenions le temps de faire un réel examen de conscience devant chaque drame; peut-être éviterions nous quelques inadmissibles massacres.

jeudi 1 janvier 2015

souhaits 2015

1er janvier 2015, on y est!

2014 a été généreuse pour certains.
Une année douce comme un mois d'août.
Une saison de récolte de 365 jours.

2014 a été âpre pour d'autres.
Une année comme un puits sec. Un trèfle sans feuilles. D'amours écartelées. Le coeur tiré par quatre chevaux. Soufflé en particules à tous les pôles de la roses des vents.

Une année de santé fragile. Un château de carte. Un ouragan. Un tic tac dans l'oeil du temps.

2014 est demeurée, pour le reste, quelque part entre les extrêmes.

Entre la ouate et les morsures, l'inertie et la course, l'Équateur et l'Arctique; 2014 s'est frayé un chemin jusqu'au douzième coup de minuit le 31 au soir.
...

Le premier de l'an est un bon moment d'apprécier nos chances, même inégales, d'être en santé, d'être entouré, d'avoir du temps, de ne manquer de rien et d'avoir le potentiel de réaliser plein de choses.

2015 sera encore une année pour souhaiter la paix dans le monde, que chacun mange à sa faim, un répit pour mère nature et le courage de tendre vers l'idéal et de se rappeler à l'essentiel.

Pour ma part, je suis heureux d'être où je suis et je vous en souhaite autant! Bonne année!

dimanche 20 juillet 2014

à ma grand-mère qui s'en va doucement...

Depuis toute ma vie
Et l’essentiel de la tienne
Nos racines s’emmêlent
Et tout de même
Le temps est un clin d’oeil

Le temps est un radeau
Qui stagne à l’occasion
Sur des mers de questions
Et sur quelques douleurs
Anciennes ou nouvelles

Les yeux n’ont pas de cheveux gris
Disait un vieux en Gaspésie
Plus on vit vieux
Moins on meurt longtemps
Le temps est infini

Depuis toute ma vie
Et l’essentiel de la tienne
Nos racines s’emmêlent
Le temps est un chêne

Sur des mers de questions
Et sur quelques douleurs
Quand il nous sauve la peau
Le temps est un cadeau

Les yeux n’ont pas de cheveux gris
Disait un vieux en Gaspésie
Tant que l’univers me prête un souffle
Le temps est ici

lundi 7 avril 2014

papa, tu votais pour quoi? : réponse aux enfants que je n'ai pas encore

On est en 2054, mon fils ou ma fille est rendu à 37 ans. Le Québec n'a pas échappé aux bouleversements planétaires que nous prédisaient 97% des scientifiques.

"Papa, tu votais pour quoi toi, à mon âge?"

J'aime sa question. Pas pour qui : pour quoi.

Je votais pour un plan de sortie du pétrole échelonné sur 15 ans, par objectifs clairs, de 2015 à 2030. Pour protéger le droit à l'eau. Pour la souveraineté alimentaire. Pour le transport en commun gratuit. Pour un nouvel équilibre fiscal. Pour contrer la pauvreté.

Je n'ai pas voté pour l'économie, les crédits d'impôts et "les vraies affaires". Je n'ai pas voulu choisir entre le gars qui promettait de ne pas faire de référendum et le parti qui ne s'engageait pas à faire un référendum, mais qui m'implorait de ne pas diviser le vote souverainiste. J'ai voté pour ralentir la trajectoire d'exploitation effrénée des ressources, du temps, des animaux et des hommes.

On m'a dit que les entreprises allaient crisser le camp et que plus personne n'aurait de job. On m'a dit que j'étais irréaliste et que ça ne changeait rien de toute façon. Je savais qu'ils avaient raison sur le dernier point; on ne la sauverait plus, la planète.

Je n'étais pas vraiment plus optimiste qu'eux, mais j'ai voté pour une direction, en pensant au plus de monde possible, à ceux qui étaient là et à ceux qui s'en venaient.

mardi 18 mars 2014

petite réflexion à propos de la division du vote

Petite réflexion à propos de la division du vote.

Quel est le pourcentage de gens qui votent pour QS ou pour la CAQ en se disant: "j'aurais aimé voter pour un autre parti, mais je ne veux pas diviser le vote"? Je parierais que ça flirt avec le 0%.


J'aimerais vraiment connaître le pourcentage de gens qui votent pour le PQ ou le PLQ par crainte de voir un autre parti au pouvoir. Parle-t-on de 1% - 5% - 10% ? Accuse-t-on le PQ ou le PLQ de diviser le vote?

Qui divise le vote en réalité?

Personne.

Le vote est divisé parce qu'il y a plus d'un parti, parce que les partis ne font pas l'unanimité, parce qu'ils proposent des programmes "différents", parce qu'on peut quand même exprimer - au moins un peu - nos convictions en votant. Ne serait-ce qu'en votant pour "le moins pire".

Ici, quand un petit parti va chercher un pourcentage significatif des intentions de vote, il force au moins les autres réajuster le tir. Ici, si un parti obtient 60% des votes, il peut réellement se féliciter.

Kim Jong-un a obtenu 100% des votes en Corée du Nord.

La non-division du vote n'est pas un projet de société.



(Sondage crop La presse)

(Photo AFP/KCNA)

lundi 8 juillet 2013

Lac-Mégantic: de l'économie d'un traducteur en temps de crise

À Lac-Mégantic, il y a un cratère fumant à la place du centre-ville et on ignore encore le nombre total des victimes.

La cause? Un train de pétrole a déraillé au milieu de la ville. L'exacte responsabilité de Montreal Maine and Atlantic Railway (MMA) reste encore à déterminer... mais c'était tout de même leur train.

Les médias blâmaient déjà la lenteur de la compagnie à réagir devant la catastrophe. Ce matin, je suis tombé sur leur communiqué "en français" provenant très certainement d'un logiciel de traduction automatique. Manque de respect indicible.

Combien d'argent l'entreprise a-t-elle économisé en n'engageant pas un traducteur professionnel? À ma connaissance, entre 12 et 20 sous par mots.

À supposer que MMA soit à ce point dépourvue de ressources qu'elle n'ait pas les moyens de s'offrir les services d'un traducteur; un appel à tous aurait probablement suffit à trouver un professionnel pour s'acquitter gratuitement de la tâche. Mais voilà, on ne s'est même pas donné la peine de faire semblant...

Cette ridicule économie témoigne d'un manque de considération absolu. Une nouvelle preuve que les entreprises trop souvent se foutent éperdument de l'humain au bout de la chaîne.

À Lac-Mégantic, il y a un cratère fumant à la place du centre-ville et on ignore encore le nombre total des victimes. Et voici ce que MMA avait à dire aux francophones:

"Pour la libération immédiate : Daté : Dimanche 7 juillet 2013 : 16H15 EST
Chemin de fer Montréal, Maine et Atlantique (MMA)

Le 6 juillet 2013 Déraillement à Lac-Mégantic, Québec (Mise à jour)

Le Chemin de fer Montréal, Maine et Atlantique souhaite fournir des informations actualisées sur tragique accident de train d'hier à Lac-Mégantic, Québec. On nous avise que les feux soient grandement éteints et il semble que le brigade de sapeurs-pompiers finira cette partie de leur tâche bientôt. Les autorités provinciales et fédérales ont pris le contrôle du secteur de déraillement, et le personnel MMA n'ont pas été en mesure d'entrer à poursuivre leur enquête sur la cause et à planifier les opérations de récupération.

Il ya une douzaine de représentants MMA à portée de main dans Lac- Mégantic, avec plus d'arriver continuellement. Beaucoup se sont trouvés présent depuis hier après-midi, malgré les déclarations que les gens de MMA n'ont pas été disponibles. MMA a mis en place un centre de commande dans le Bâtiment Municipal.

Disponible aussi est Yves Bourdon, MMA membre du conseil, qui sera la «voix de la MMA» dans le traitement des élus municipaux, provinciaux et fédéral, le personnel d'urgence, les organisations humanitaires et les personnes touchées et les propriétaires fonciers. Également sur place est Robert Grindrod, président et chef de la direction de MMA.

Personnel MMA sont en train de s'organiser pour faire face aux besoins immédiats des habitants et d'établir un processus pour le dépôt et le traitement des réclamations.. MMA a l'intention de faire tout son possible pour faire face aux dommages subis. MMA a été en contact avec les organismes de secours de la Croix-Rouge locale et d'offrir son aide en fournissant hébergement, la nourriture et d'autres nécessités, et est prêt à faire face en tête-à-tête avec les résidents pour répondre à leurs besoins. Nous aviserons les numéros de téléphone dès que nous le pouvons.

Alors que l'enquête publique de la cause de l'accident a largement empêché MMA de terminer sa propre enquête, un fait qui a émergé est la locomotive du train de pétrole garé à la Station Nantes a été fermé ultérieur au départ de l'ingénieur qui avait manipulé le train de Farnham, qui a pu avoir eu comme conséquence la libération des freins à air sur la locomotive qui jugeait le train en place.

Comme mentionné ci-dessus, nous n'avons pas de renseignements complets concernant cet incident, mais nous allons coopérer avec autorités gouvernementales comme ils continuent leur enquête. Pour améliorer nos communications, le présent communiqué de presse et les messages à venir sera également publié en français.
MMA personnes demeurent dans un état de choc au cours de cet incident et se sont engagés à aider nos voisins à Lac-Megantic, de faire un rétablissement complet aussi rapidement que possible. Nos pensées et nos prières sont avec ceux qui ont subi un préjudice et perdu des membres de la famille.

Pour les informations, contactez:
Montreal, Maine & Atlantic Corporation
Northern Maine Junction Park
15 Iron Road
Hermon, ME 04401-9602 USA
Ed Burkhardt, Chairman – 773-714-8669 ext. 222
Joe McGonigle, Vice-Président – 27-848-4222"

jeudi 22 novembre 2012

Frank Lennon part II: la métamorphose

Quelques 180 photos plus tard, je crois qu'on peut le dire: OH. MY. GAWD.

Photo: Caroline Laberge/Costume: Natalie Talbot


En vous rappelant que même si j'ai ben du fun, je fais ça pour une bonne cause. Donnez généreusement à Movember.

vendredi 16 novembre 2012

Frank Lennon part I : ou comment se renouveler pour Movember

Trois ans déjà que je participe à Movember.  [DONNEZ ICI, MERCI!]

Je ne sais pas si vous avez déjà eu la chance de voir les concours des plus belles moustaches du monde? Quelque chose me dit que les types ont eu plus d'un mois pour se préparer...

En 2010, je l'ai fait sans trop m'en apercevoir. Changeant de visage au gré des jours. Optant au final pour le style "Undercover Brother", qui en a ému plus d'une!

Undercover Brother 2010


En 2011, ce fut la totale. Je relevai le défi de me concocter une Mo de type "Connoisseur". Les dons furent au rendez-vous, au-dessus de 1000$ pour ma seule moustache, quelques 2000$ pour l'équipe. Participation au Gala Party Movember. Nomination des juges pour la moustache de l'année!!! Presque... En 2011, j'ai triché. Comme je ne sais pas mentir, quand les juges m'ont demandé si j'avais commencé à la laisser pousser au début novembre, j'ai dû leur avouer timidement, dans un murmure: "Non, j'avais une grosse barbe il y a un mois..." :-(

Connoisseur 2011



2012. "Cette année, pas de triche!", me suis-je promis. Idiot! Il a été prouvé à maintes reprises que l'honnêteté ne paie pas. Même quand c'est pour une bonne cause... jusqu'à présent, j'ai amassé un maigre 20$.

Le 1er novembre, j'arborais donc visage glabre à rendre jalouses les fesses d'un poupon. Lui a succédé un duvet de moustache d'adolescent. Heureusement à mon âge, ça se soigne au bout de quelques jours. Et tranquillement, elle a pris forme.

Oh que oui! Je ne suis pas le genre de gars à laisser les choses au hasard. J'avais un plan. "A scheme", comme disent les Britishs. Tiens donc, parlant de Britishs... vous aviez déjà remarqué que je ressemble à John Lennon? OOOOOOHHH...

Frank Lennon 2012
Try to beat that!

Mon objectif cette année, ressembler le plus possible à l'image ci-contre d'ici le 30 novembre. Ça vous amuse? Movember amasse des dons au profit de la santé masculine; santé mentale, cancer de la prostate etc. On a un sérieux retard sur l'an dernier, mais on peut encore rattraper le temps perdu! [DONNEZ ICI, MERCI!]


vendredi 28 septembre 2012

dans la vie comme hockey (variation sur un même thème)

Un de mes amis utilisait une métaphore sportive pour dénoncer la hausse d'impôts : dans son exemple, le Québec est une équipe et ne devrait pas surtaxer un seul joueur - les riches. J'ai eu un flash! C'est peut-être la "game" le problème...

Je me demandais c'est quoi la "game" (croissance économique?) et est-ce que l'équipe gagne?!!

En ce moment, on a des superstars avec des "stats" de 4 buts par game... mais les joueurs "benchés" crèvent de faim, ceux qui font seulement les passes sont payés 10 à 100 fois moins et les vedettes ont le temps de glace, les chicks (excusez-moi mesdames) et les commanditaires.

Quand l'équipe gagne, c'est déjà à peine défendable. Quand l'équipe perd, je pense que le coach est en droit de se demander si Gomez fait la job! Ou au moins si on devrait revoir son salaire.

Et tant qu'on choisira de ne se soucier que de la NHL, on trouvera que même les Moen de ce monde ne sont pas à plaindre... jusqu'à ce qu'on se tourne du côté du sport amateur pour voir des athlètes avec le même potentiel et des ressources ridicules. Alors on se demandera: pourquoi? Parce que les ligues majeures cherchent le profit et font du cash, parce que la société a les valeurs un peu à l'envers et que le vedettariat, l'argent, le prestige et la rivalité sont plus importants que le reste.

Et un jour, on réalisera aussi que l'obsession de performance qui anime la majorité du système, même chez les amateurs, brûle ses principaux acteurs: les athlètes.

À la fin, on se redemandera. C'est quoi la game déjà (croissance économique?)? Est-ce qu'elle est saine? Est-ce qu'elle est le fun? Me semble qu'on était bien entre chums à jouer au hockey pour le plaisir, en s'améliorant à notre rythme et sans trier qui avait le droit de faire partie de "l'ÉQUIPE"!

jeudi 27 septembre 2012

pauvres riches...

"Ils ont augmenté les impôts? Scandale!" Pauvres riches...

Je ne désire pas simplement vous entretenir ici de la récente mesure du PQ: imposition supplémentaire rétroactive chez les mieux nantis; mais de la grogne systématique contre les hausses d'impôts.

Pourquoi est-ce si difficile de se priver quand d'autres possèdent ridiculement moins que nous? A-t-on souvenir d'une augmentation d'impôts qui ait été applaudie par les gens qu'elle vise?

Des pauvres riches, il y en a dans toutes les classes, à commencer par la classe moyenne. Je serais en faveur d'un impôt mondial!

J'ai passé mon enfance à Hochelaga-Maisonneuve et mon adolescence à Brossard, j'ai vu les écarts... que l'espérance de vie soit moins élevée de 10 ans dans certains quartiers d'une même province, ÇA, ça me scandalise!

Je souhaiterais à tout le monde un terrain et une maison de banlieue. Mais est-que 7 000 000 000 de personnes peuvent se permettre ça?

Il me semble que de défendre bec et ongle  notre confort personnel a quelque chose de méprisant pour les gens n'ont pas accès à ce niveau de confort...

Combien de famille québécoises ont un chalet? En même temps, la majeure partie de l'année, l'Accueil Bonneau sert plus de 1000 repas par jour (2% de la population de la circonscription!!!). "Par pitié, ne nous imposez pas d'avantage, on ne pourra pas effectuer les rénos du chalet avant l'an prochain!"

Pendant ce temps là, ici comme ailleurs, des gens couchent dehors toutes les nuits...

Quel serait le niveau de vie au Québec si on vivait en autarcie? Avec les salaire décents, les prix réels des ressources et les coûts environnementaux pour tout ce qu'on consomme?

Les riches d'ici ne le sont peut-être pas toujours au détriment des pauvres d'ici, mais certainement au détriment de quelqu'un quelque part. À ma connaissance, la planète ne peut pas soutenir le mode de vie de 7 000 000 000 de François Roy gagnant autour de 20 000$/an et habitant un 5 1/2 avec un coloc.

Au Québec, on est révoltés (avec raison) devant un docteur qui assassine ses enfants, devant Polytechnique, Dawson ou Colombine. Au Québec, on est solidaires en temps de crises (verglas, inondations, tsunami, Haïti). Le reste de l'année au Québec, on veut payer moins d'impôt...

Se soucie-t-on réellement du sort du monde? Réalise-t-on que la conscience est une notion globale? Que la vie serait plus paisible dans une société où l'on aurait à coeur le mieux être de tout le monde, tout le temps?

20 000$, 50 000$ ou 150 000$, nous sommes tous les "pauvres riches" de quelqu'un d'autre... quand les impôts augmentent, au lieu de se demander ce qu'on perd, pourquoi ne pas se demander ce qu'on a et que d'autres n'ont pas?

- Oui, mais moi j'ai travaillé dur.
- Oui, mais moi j'ai mérité ce que j'ai.
- Oui, mais moi mon travail est plus important.

Oui, mais toi, tu fais partie d'un monde où d'autres sont payés 3$/jour pour que tu aies des bananes à 49 sous la livre, un cell gratuit avec l'abonnement, des pièces de la maison réservées pour la télé et le char et des voyages partout dans le monde... aussi mérité soit-ce, aussi dur que soit ton travail et aussi important soit-il.

samedi 15 septembre 2012

peace [&/or] love...

"Les célibataires dans la trentaine sont soit récemment séparés et trouveront bientôt quelqu'un, sinon, ils ont des bibites à régler..." - adage populaire.

C'est vrai ça? Une discussion avec des trentenaires célibataires suffira à tout le moins à vous convaincre de l'urgence ressentie par la majorité. Le site de rencontre Réseau-Contact compte plus de 20 000 célibataires entre 30 et 40 ans... l'équivalent de la ville de Dorval, Joliette ou Rivière-du-loup! Presque tous passionnés de bons restos, bons vins, plein air et souper entre amis. Et malgré tous ces points importants (soupir) en commun: pour la majorité d'entre-eux, la magie n'opère pas.

"Il faut être heureux avec soi-même pour pouvoir l'être à deux." - adage populaire.

Sur le tableau de ma cuisine, on peut lire cette maxime énigmatique: bâtir le château à l'endroit. Hé oui, la sagesse aidant, j'ai fini par adhérer: il faut trouver la paix en premier et l'amour ensuite. Ou presque.

Si on se fie au titre, mon billet pourrait s'arrêter là. Mais non, je commence.

Je crois que la paix (la sérénité) et l'amour font partie d'un tout en mouvance. La paix et l'amour sont à la fois fugaces, à la fois perpétuels; à la fois des états idéaux à atteindre, à la fois portés en nous à chaque instant en toute imperfection. Difficile de dire lequel vient en premier...

Il  est préférable d'être en paix avec soi-même avant d'être en couple, OK. Mais la paix intérieure, elle vient d'où? L'amour qu'on se porte à soi-même vient d'où? L'amour qu'on porte aux autres vient d'où? Chaque manifestation d'amour n'apporte-t-elle pas son lot de paix?

 ... célibataire ou pas, il me semble que l'amour et la paix se nourrissent l'une et l'autre et qu'on gagne à s'occuper des deux.

Peace. [et/ou]. Love.

dimanche 2 septembre 2012

comment faire évoluer un parti en ne votant pas pour lui


«Je n'ai pas l'impression de voler qui que ce soit. Il y a des gens au Québec qui ne veulent plus voter PQ! Ont-ils le droit d'exprimer ça?» - Françoise David

Élections après élections, on blâme ceux qui ne votent pas PQ de diviser le vote "de gauche"...

Ce parti (qui comptait parmi ses membres plusieurs souverainistes de droite) avait la souveraineté comme priorité (pas la solidarité sociale), et il semble quelque peu avoir perdu de vue ses objectifs.

Aujourd'hui, Option nationale fait clairement de la souveraineté son objectif principal. Et reste plus à gauche que le PQ dans ses objectifs secondaires.

Aujourd'hui, Québec solidaire fait clairement de la solidarité sociale son principal cheval de bataille. Tout en ayant la souveraineté, la culture et l'environnement à coeur.

Un vote pour l'un ou l'autre de ces partis me semble dix fois plus cohérent avec mes valeurs qu'un vote pour pour le PQ. Je ne divise pas le vote, je n'ai pas envie de voter PQ, merci.

De plus, il est important de comprendre que l'on se fait entendre des "grands partis" même, voire SURTOUT, en ne votant pas pour eux!

Suite à une victoire convaincante, peu importe combien d'électeurs auront voté pour lui par dépit, un parti aura les coudées franches pour concrétiser ses idées au nom d'une "majorité de québécois et québécoises" (tout comme Harper agit au nom d'une majorité de canadiens).

Après une défaite ou une victoire à l'arrachée, des dizaines de stratèges se pencheront sur les résultats en se demandant: "Comment aurait-on pu obtenir le vote des gens qui ont voté pour d'autres partis?"

La réponse va d'elle-même et les stratèges la connaissent: "En leur proposant une plate-forme qui leur ressemble d'avantage!" Ils tenteront de tenir compte des revendications de la balance de gens qui leur coûte la majorité sans perdre la partie de l'électorat qui leur est acquise.

Dans notre système actuel, les compromis des grands partis pour récupérer la proportion de l'électorat qui leur échappe sont peut-être le meilleur gage de changement. Et une excellente raison de voter pour un parti qui nous ressemble, quel qu'il soit.

Avec un vote de coeur et de convictions, soit que les grands partis nous écouteront d'avantage, soit que les petits partis deviendront grands!

mercredi 29 août 2012

voter pour deux partis: c'est faisable, et légal (déjà!)

On a une boussole électorale, mais pas de boule de cristal. C'est ça le problème!

À défaut de pouvoir prédire les résultats des élections, les gens sont prêts à sacrifier leur vote pour minimiser les dommages...

Ah, le vote stratégique! À l'envers, à l'endroit, les arguments des deux camps sont toujours les mêmes. Je ne les résumerai même pas, tiens!

Pour ou contre le vote stratégique, nos désirs sont identiques! Est-ce qu'on s'en rend compte?

- On aimerait voter pour le parti qui représente le mieux nos convictions.
- On aimerait voter pour un candidat/parti qui a des chances d'être élu.
- Si le parti de nos convictions ne rentre pas, on voudrait quand même avoir "le moins pire" deuxième choix au pouvoir.

Ces désirs sont difficilement réconciliables dans le système actuel. Mais en attendant la proportionnelle, y a-t-il des alternatives au simple vote stratégique?

Échange de vote. Ça consiste à dire à quelqu'un: "Je m'engage à voter pour tel parti dans ma circonscription et, en échange, j'aimerais que vous votiez pour tel autre dans votre circonscription." C'est légal selon le DGE et ça vous donne la chance d'avoir un premier et un deuxième choix.

Donner avec son coeur et voter stratégique. Faire un don en argent ou en bénévolat au parti que l'on préfère et voter stratégique. Ce faisant, vous aidez encore deux partis: le meilleur selon vos convictions et "le moins pire".

Remarquez combien les deux solutions satisfont mieux aux désirs tout-à-fait justifiés de l'électeur moyen qu'un bête vote stratégique!

Si vous en avez d'autres, prière de les partager dans les commentaires... mais, de grâce, donnons nous une chance de ne pas relancer la polémique sur le vote stratégique à chaque élection, en alternant le PQ et le PLQ jusqu'à notre mort!

vendredi 10 août 2012

la valeur du travail dans une société [une réflexion pour nos politiciens]


Qu'est-ce qui détermine "la valeur" d'un emploi?

Les réponses qu'on me donne tournent généralement autour de "la rareté, l'efficacité, la productivité, le domaine d'activité, l'offre et la demande, les sacrifices nécessaires à l'obtention des connaissances".

À mon sens, le concept même d'une société fondée d'abord sur l'emploi, le progrès technologique et la productivité est non seulement problématique... il mène l'humanité à sa perte!!!

Il est impossible d'avoir à la fois une technologie qui remplace le travail de plus en plus d'individus, tout en exigeant de ces mêmes individus qu'ils continuent de devoir travailler 40 heures/semaine pour conserver leur simple droit de manger et d'avoir un toit.

Cette logique force la création d'emplois - n'importe quels emplois - sans égard pour les besoins réels des gens et elle mène à une dilapidation frénétique des ressources planétaires... pourvu qu'elles soient dilapidées en créant de l'emploi.

Ainsi, notre entêtement à continuer à vouloir offrir de l'emploi 40 heures/semaines à tous les individus de notre société est à la source de ses problèmes les plus graves. D'un côté, les travailleurs manquent de temps: temps pour s'occuper de leur famille, temps de loisirs et de qualité entre amis et en couple. De l'autre, les chômeurs et les assistés sociaux sont dans des conditions misérables. Les inégalités sociales augmentent. Les gens sur-consomment simplement parce qu'ils en ont les moyens, sans pour autant que le niveau de dépenses ne soit proportionnel au niveau de bonheur. Les écosystèmes de la planète pourraient connaître un effondrement total d'ici 2100!

Les politiciens ont, je crois, la responsabilité d'examiner ces contradictions, de les exposer aux citoyens... de devenir des catalyseurs de mouvements qui inverseront la tendance actuelle.

Un point de départ? La semaine de 4 jours à l'année dans tous les domaines où c'est possible!

dimanche 8 juillet 2012

Facebook et courriel: same difference?

Connaissez-vous la différence entre un courriel et un mur de Facebook? Aucune!

Mais non je déconne... à peine. C'est déplorable, mais il semblerait que la distinction entre ces deux outils - à mon avis, forts différents- soit en train de disparaître. Avec elle disparaît aussi la nuance entre une conversation intime et privilégiée et une conversation publique.

Dans ma perception, un courriel c'était comme une lettre ou un message sur une boîte vocale. Ça s'adressait à une ou des personnes en particulier et on s'attendait à recevoir une réponse.

Pour moi, un mur de Facebook était un hybride entre un babillard, un mini blog et un forum de discussion. On y postait des trucs d'intérêt public en ne sachant pas trop qui ça intéresserait et sans trop savoir si on obtiendrait une réponse.

Mais, en 2012, qui n'a pas lu sur un mur Facebook des trucs comme:
- Karine->Annie: "Annie, viens-tu souper à soir?"...
- Et Annie de répondre: "Non, je m'en vais au resto avec ma soeur, pas vrai Linda?"...
- "Tellement! On se fait un tartare de saumon, ça va être trop bon!" de rétorquer Linda.

Suis-je le seul à trouver qu'une telle conversation n'a pas sa place sur un babillard? Qu'on s'en sacre un peu ou qu'on se sent légèrement mal à l'aise de savoir avec qui Karine, Annie et Linda vont souper et de ce qu'elles vont manger?

Du côté des courriels, je constate que la réponse devient de plus en plus optionnelle. Particulièrement pour les courriels de groupe.

Suis-je le seul à m'attendre à une réponse quand j'essaie d'organiser une activité? À me faire un devoir de répondre à un message qui m'est envoyé personnellement? J'ai été choisi parmi une liste de contacts de quelques centaines de personnes pour être le destinataire d'un précieux message: n'est-ce pas formidable?!?

Dans la confusion, je me repose la question: reste-t-il une différence entre les courriels et le mur de Facebook?

Je dirais que les utilisateurs de Facebook ont au moins compris que les vidéos de chats et autres clins d'oeil de type "lol moyennement drôle", "réfléchissons-y mais pas plus d'une seconde" et "c'est ben donc kiouuuuuute" ne s'envoient pas par courriel. Distinction que plusieurs irréductibles réfractaires à Facebook ont de la difficulté à comprendre. Ils nous envoient d'ailleurs souvent les mêmes choses que sur FB... avec 4 mois de retard.

À ce stade-ci, le lecteur aura compris que cette confusion d'utilisation me cause un indéniable désagrément. Mais au-delà de ce désagrément, quel est mon objectif? J'aimerais inverser la tendance, car elle nuit à la bonne communication et, au final, aux bonnes relations.

Si des outils différents ont été créés et ont obtenu du succès, c'est parce qu'ils ont des fonctions différentes!!!

Pratiquons-nous:
- "Open house chez nous samedi!" : FB (pas besoin de répondre).

- "Viendras-tu au baptême du bébé?" : Courriel (réponse requise).

- "Julie, veux-tu venir au cinéma avec moi?" : Courriel (réponse requise).

-"Je suis en vacance!": FB (ou probablement Twitter, je suis pas un pro).

- "Connaissez-vous un bon resto apportez votre vin?": plutôt FB (à moins d'avoir un commentaire rigolo, prière de ne pas répondre si vous n'en connaissez pas).

- Que faites-vous en fin de semaine? : selon votre intention.
1. Vous demandez à la population en général ce qu'elle fait soit pour inviter du monde ou vous greffer à une activité: FB (notez que personne n'a à vous répondre)
2. Vous désirez organiser une activité avec des gens en particulier. C'est eux que vous aimeriez voir et pas d'autres: Courriel (réponse requise).

- "J'ai chaud": Aucun!!! (mais, oui, si vous êtes rendu à vouloir l'écrire, nous aussi on a chaud!)

Si tout cela était déjà clair pour vous; félicitations et vous comprendrez pourquoi je ne me suis pas lancé dans la confusion entre toutes les autres plates-formes! Sinon, j'espère que vous aurez vu la pertinence de ce message.

En cas de doute, rappelez vous:
Vous ne téléphonez pas à tous vos amis pour leur dire ce que mangez et avec qui! Quand quelqu'un vous pose une question (en personne ou par écrit), la courtoisie élémentaire suggère de donner une réponse! Il existe une fonction "message" dans FB, différente de la fonction "mur"!

dimanche 10 juin 2012

pour le micro ou pour le spot

Il y a quelques temps, à la sortie d'une pièce de théâtre, une amie me disait: "Je me demande c'est quoi la pulsion qui attire des gens vers la scène? Je ne comprends pas trop ce plaisir ou ce besoin là. Toi qui es musicien, tu me raconteras, si tu veux, un jour comment tu vois ça."

Eh bien ce jour, c'est aujourd'hui.

Mais il a fallu que j'y réfléchisse. Pourquoi j'aime la scène? Pourquoi les autres aiment la scène? Je cherchais une réponse générale, mais je me suis vite rendu compte que c'est assez subjectif; à ma condition de musicien d'abord (différente de celles comédiens ou des danseurs), mais aussi à mes propres talents, ma propre expérience et mes propres valeurs. Même si j'espère la partager avec certains artistes, voici somme toute, ma vision personnelle du phénomène l'amour de la scène...

Pour le micro
Tout le monde parle. Remarquez cet individu, la tête penchée, s'adressant à ses souliers d'une voix monocorde. Remarquez cet autre, dont les yeux fuient les vôtres comme des aimants négatifs. Remarquez cette voix stridente ou toujours surchargée d'émotion, ce débit morne ou ce torrent de mots, ce monologue ennuyeux à mourir, ces acquiescements trop rapides et dépourvus de sincérité... Tout le monde parle!

Mais supposons que le talent vous ait été donné d'être écouté quand vous ouvrez la bouche en public; que vous sachiez naturellement raconter des histoires ou des blagues, articuler votre pensée, transmettre une émotion avec votre voix et même, quand vous êtes"à la bonne place", pouvoir un peu dénouer les âmes... Un cadeau, une chance, un don.

À partir de là, parler à une foule et chanter pour elle devient très intéressant. Il y a une connexion tout-à-fait particulière qui s'établit entre plusieurs personnes à la même place, en même temps et qui semble nourrir tout le monde. La communion, le feedback reçu et l'impression d'être un rouage important de cet instant spécial génèrent bonheur profond et authentique difficile à décrire, mais que l'on reconnait facilement dès qu'on l'a vécu et chaque fois qu'on le retrouve. Si je devait choisir l'aspect le plus important de l'amour de la scène selon moi: ça serait celui-là!

Mais en plus de cette communion dans le présent, la scène est aussi un lieu de communication de masse. Pour les penseurs et créateurs qui sont en plus des interprètes, le "stage" devient un endroit pour véhiculer des idées, transmettre une certaine vision de la vie et incarner une façon d'être qui peut contribuer à transformer positivement le monde.

Pour moi, l'échange sincère et la rétroaction entre l'artiste et le public constituent la partie saine de l'amour de la scène. C'est ce que j'appelle au sens figuré, l'amour du micro (les danseurs n'utilisent pas nécessairement de micro, mais peuvent tout autant aimer la scène pour partager quelque chose).

Pour le spot
Malheureusement, je pense aussi qu'une majorité d'entre nous, moi le premier, sommes aussi attirés par la scène par un simple désir d'être vus, d'être aimés... ce désir, pas très sain à la base, devient carrément nuisible dès qu'il est placé au dessus du partage.

Épater l'auditoire sans entrer en contact, choquer, être aimé à tout prix, montrer qu'on est bon... ce sont des actes que l'ont fait pour soi-même et qui ne nourrissent pas l'auditeur/spectateur. L'orgueil et le manque d'estime peuvent parfois côtoyer le talent et le génie, mais tant qu'on se sert des premiers pour entretenir les seconds, je crois qu'on passe à côté du réel bonheur que peut offrir la scène.

Les gens qui n'aiment la scène que pour le spot sont comme des trous noirs dans l'espace, ils aspirent toute la lumière et toute l'énergie et ne rendent rien.

Certains diront qu'il faut un juste équilibre entre l'amour du micro et l'amour du spot; je crois plutôt qu'il faut admettre que l'on porte les deux et se détacher du mieux qu'on peut de l'amour du spot pour cultiver toujours plus l'amour du micro.

dimanche 20 mai 2012

le star-académicien qui a révolutionné le Québec

Jean-François Bastien, un gars de Star-Académie dont j'ignorais l'existence jusqu'à la lecture de la nouvelle, est allé chanter l'hymne national à la coupe Memorial affublé d'un chandail "Sorry Kyoto"! (way to go mon J-F!!)

Il a affiché ses valeurs: il s'est fait montré la sortie... Les organisateurs de l'évènement ont décrié son geste et annulé son show.

Je comprends leur réaction; si je me pointais avec un chandail du Canada pour le show du 24 juin de l'hommage aux Colocs, on ne me laisserait pas monter sur scène.

MAIS JE N'EN SALUE PAS MOINS L'INITIATIVE, être fidèles à nos convictions amène la société à maturité et invite les autres à se questionner quant à leurs valeurs...

Ondes de chocs. On mélange sport, politique, culture et environnement!!! Les spectateurs de la coupe Memorial sont confrontés à des questions!!! Les gens qui n'aiment pas Star-Académie sont bousculés dans leur préjugés!!! [Oh my gaaaawwwd!]

- Est-ce que ça m'embête que le spectacle de mon académicien favori (on parle quand même de Jean-François Bastien!) soit annulé à cause d'un chandail "Sorry Kyoto"?

- Suis-je d'accord avec le retrait du Canada du protocole de Kyoto?

- Est-ce que le chandail que porte le gars qui chante l'hymne national est plus important que le fait qu'il fait de la musique que j'aime dans un évènement que j'aime?

- Est-ce que j'ai le droit d'aimer l'environnement, Star-Académie et la coupe Memorial?

-Puis-je être à la fois pro-Harper et aimer Jean-François Bastien?

- Puis-je détester le concept de Star-Académie et soudainement admirer J-F Bastien?

Autant de questions que différents individus peuvent se poser...

Important ici, je ne me fous pas de la gueule des gens, ni de leurs valeurs! Je suis moi-même fan de hockey et je suis emballé qu'un gars de star-académie ait posé un tel geste et me force à revoir mes propres préjugés.

Je remets plutôt en question le fait que chaque évènement de la société est cloisonné. Comme s'il ne fallait surtout pas penser, être fidèle à nos valeurs ou remettre en question ce que l'on nous présente alors qu'on est en contexte de "plaisir". Comme si le plaisir doit absolument flusher tout le reste!!!

Merci, donc, à Jean-François Bastien. Ton choix d'assumer tes valeurs vient peut-être de faire avancer la société d'un petit pas!